Les Citoyens du Vote Blanc militent pour la reconnaissance du vote blanc en France, mais qu’en est-il à l’étranger ?
Malheureusement, peu de pays démocratiques possèdent légalement un vote blanc, et parmi ces pays, certains sont plus blancs que d’autres…

En Europe, la liste est simple, puisqu’il n’existe que 2 pays à reconnaitre le Vote Blanc :
- Suède : Le Vote Blanc est reconnu dans certaines élections, notamment dans le cas des Referendums. Avouez que c’est tout de même plus démocratique d’avoir la possibilité de répondre autre chose que OUI ou NON à une question posée !
- Grèce : Au contraire de la Suède, le vote blanc grec est complètement détourné de son sens. Les résultats « blancs » sont attribués au candidat vainqueur afin de renforcer la majorité du-dit vainqueur ! Donc vous votez pour aucun des candidats mais votre voix va quand même à celui qui a le plus de voix. Le monde à l’envers !
Par contre, en Amérique du Sud, le Vote Blanc est beaucoup « mieux » reconnu :
- Brésil : Au Brésil les votes blancs sont bien comptés séparément des votes nuls (Art. 175-1,Redação dada pela Lei nº 6.055, de 17.6.1974). Mais ils n’influencent pas le résultat et servent uniquement pour les statistiques. (Source)
- Pérou : Au Pérou les votes blancs sont bien comptés séparément des votes nuls (article 1780), mais les candidats sont élus à la majorité des votes valides (tout les votes – les nuls et blancs) (article 2870). Il faut toutefois noter que si les votes non valides sont trop nombreux (plus des ⅔ des votes valides), alors l’élection sera déclarée nulle par le jury national des élections (article 3640).
Le vote blanc est assimilé au vote nul mais il a un pouvoir invalidant car de nouvelles élections doivent avoir lieu si les précédentes sont considérées comme nulles. Il faut tout de fois noter que le vote est obligatoire et assorti d’une grosse amende en cas d’abstention. (Source) - Chili : Au Chili les votes blanc et nuls sont comptabilisés ensemble et entrent dans la catégorie “vote non émis” (CPR Art. 26 D.O. 24.10.1980). Les candidats sont élus à la majorité des suffrages “émis de manière valide” donc sans les votes blancs et nuls (article 26). (Source)
- Colombie : En Colombie, d’après la loi 1475, le vote blanc reflète une expression de la dissidence politique, d’abstention ou de désaccord avec les politiques, il est aussi précisé que “le vote blanc est une expression valable de la dissidence à travers laquelle la protection de la liberté de l’électeur est promue”. (traduit de wikipedia espagnol). Les votes blancs sont donc comptabilisés dans les suffrages exprimés (votos validos – article 9 de l’acte législative de 2009) et ont un pouvoir invalidant si ils représentent la majorité absolue des votes “valides”, mais ceci seulement une seule fois. Au cours de l’élection suivant si le vote blanc est de nouveau majoritaire alors le gagnant sera le candidat avec la majorité des votes “valides”. (Source)
- Uruguay : En Uruguay, les Votes blancs sont pris en compte pour calculer la majorité des élections présidentiels au premier tour et donc peut obliger les candidats à faire un deuxième tour si ils n’obtiennent pas la majorité absolue des votants. Mais les votes blancs ne peuvent pas annuler une élection. (Source)
- Costa-Rica : Au Costa Rica les votes blancs sont comptés séparément des votes nuls (article 121) mais ils n’entrent pas dans les votes valides et donc n’influencent pas les pourcentages pour déterminer le vainqueur. (Source 1 – Source 2)
- Vénézuela : Au Venezuela les votes manuels sans marques ainsi que la non sélection de candidat pour les votes électroniques sont considérés comme des votes nuls (article 136 et 137). Il n’est donc pas possible de voter blanc au sens où cela est souvent considéré. Les candidats à l’élection présidentielle sont élus à la majorité relative des votes (article7). Mais rien n’est mentionné quand à l’annulation d’une élection en cas de trop nombreux vote nuls. (Source)
Et pour finir, le cas spécifique de l’Inde :
- Inde : Le vote blanc est ici mitigé. Depuis 2013, la population indienne dispose, en théorie, d’un bouton NOTA (None Of The Above = Aucun des candidats).
Si cette expression est comptabilisée, elle n’est pas prise en compte dans les suffrages exprimés. Sa vocation est de servir d’indicateur pour identifier un mécontentement, avec à la clé une auto-régulation et la présentation de candidats plus acceptables.
Les initiatives similaires aux CVB à l’étranger
D’autres initiatives très similaires dans le discours existent et commencent à faire parler d’elles. Dans de nombreux pays, on constate une réelle volonté des citoyens à vouloir faire évoluer la notion de démocratie :
- Espagne : Le parti « Escanos en Blanco » (littéralement Siège blanc), est initialement une association qui s’est transformée en parti politique pour pouvoir participer à certaines élections en présentant des candidats blancs, afin que le vote blanc soit enfin comptabilisé… tout comme le Parti du Vote Blanc le fait avec ses propres candidats blancs. Ce mouvement rencontre un succès grandissant en Espagne.
- États-Unis : Le mouvement ‘’None Of The above’’, ce qui signifie en français « Voter pour aucun [des candidats] ci-dessus ». C’est une copie presque conforme, du moins dans le message, du Parti du Vote Blanc. En savoir plus sur NOTA
- Suisse : Un citoyen helvétique, Thomas Wroblevsk, poursuit une initiative similaire au Parti Du Vote Blanc. En Savoir Plus
Voici une synthèse mondiale de la reconnaissance du vote blanc, classée par continent et par pays, basée sur les informations fournies :
Asie
Mongolie : Les votes blancs sont considérés comme des suffrages valides. Si aucun candidat n’obtient la majorité absolue (incluant les blancs), de nouvelles élections doivent être organisées avec de nouveaux candidats.
Europe
Belgique : Le vote blanc est fréquent mais n’influence pas la répartition des sièges, qui se fait uniquement sur les votes valablement exprimés pour des partis.
Espagne : Le vote blanc est valide pour toutes les élections. Il compte dans le calcul des pourcentages et pour déterminer si un parti franchit le seuil électoral, mais ne pèse pas sur la répartition des sièges.
Pays-Bas : Comme en Espagne, le vote blanc est valide pour tous les scrutins, entre dans le calcul des pourcentages et sert à l’établissement des seuils électoraux.
Suisse : Au niveau fédéral, les bulletins blancs sont comptabilisés pour établir la majorité absolue au premier tour des scrutins majoritaires. Des collectifs citoyens militent pour qu’un vote blanc majoritaire puisse entraîner la vacance de sièges.
Suède : Autrefois valides, les bulletins blancs sont désormais écartés du décompte des voix valides, sauf lors des référendums.
Ukraine : Le vote blanc est officiellement pris en compte lors des élections présidentielles et législatives.
Biélorussie et Russie : Le vote blanc y a été reconnu (jusqu’en 2006 pour la Russie).
Amérique du Sud
Colombie : Le vote blanc est un suffrage exprimé. S’il obtient la majorité absolue, le scrutin est annulé et une nouvelle élection est organisée avec l’interdiction pour les anciens candidats de se représenter.
Pérou : Le peuple dispose d’un droit de veto de fait : si les deux tiers des électeurs votent blanc, le scrutin est automatiquement annulé.
Uruguay : Le pays reconnaît officiellement le vote blanc dans son système électoral.
Afrique et Moyen-Orient
Mauritanie : L’électeur peut cocher une case « Vote neutre ». Ces voix sont valides et comptent dans le calcul des pourcentages, ce qui peut obliger un candidat à l’élection au second tour avec moins de 50 % des voix.
Tunisie : Utilisés ponctuellement en 2011 pour déterminer le nombre de sièges par liste, les votes blancs ont finalement été écartés du calcul après un recours juridique.
Mise à jour 09/03/2026
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