MARC THOUMELOU et le vote blanc

Marc Thoumelou, auteur et dramaturge, a été Administrateur du Sénat pendant 30 ans. Il a délaissé les planches de la vie politique pour écrire la pièce ″Marianne et le souverain captif : Anatomie d’une démocratie vacillante″.

A l’occasion d’une interview des Affiches Parisiennes en juillet 2025, il propose une réflexion et son approche vis-à-vis de la reconnaissance du vote blanc.

A la question des pistes pour une meilleure démocratie, Marc Thoumelou répond :

« Pour n’en citer qu’une, car il faut faire un choix, je mentionnerai celle consistant à voir si on ne peut pas prendre en compte concrètement le vote blanc aux élections législatives.

Il y a tout un mouvement pour le faire, et on ne trouve pas de solution.

La solution généralement proposée consiste à considérer que lorsqu’il y a trop de bulletins blancs, on annule l’élection n’est pas acquise et doit être recommencée.

À mon avis, ça ne marche pas, parce qu’au deuxième tour, tous les candidats qui ont été battus vont appeler à voter blanc.

L’autre solution, par exemple en Espagne et aux Pays-Bas consiste à prendre en compte le vote blanc pour franchir le seuil pour être éligible à la répartition des sièges.

En Espagne, pour qu’une liste soit éligible à la répartition des sièges elle doit obtenir au moins 3% de l’ensemble des suffrages, votes blancs compris.

Chez nous, avec un scrutin majoritaire, cela reviendrait à prendre en compte les votes blancs pour la qualification au second tour.

Mais celui qui vote blanc indique qu’il n’est pas satisfait par ce qui lui est proposé. Ce qu’il veut, c’est que son vote ait des conséquences plus concrètes que le simple fait de jouer, éventuellement et à la marge, sur les candidats qualifiés puisque, de toute façon, aucun ne lui convient.

Il y a une solution à laquelle je réfléchis et qui est avancée dans la pièce, qui est que lorsqu’un candidat aux élections législatives est élu avec un score serré, c’est-à-dire que la somme des voix qui se sont portées contre lui et des bulletins blancs, est supérieure aux voix qu’il a obtenues, à mi-mandat, il doit remettre en jeu son mandat.

Cela présenterait un double avantage. D’abord de prendre concrètement en compte le vote blanc sans aller juste à la solution extrême de faire comme s’il n’y avait pas d’élections, parce que ça peut durer longtemps.

Et ça permettrait d’organiser, puisque là aussi, certains réfléchissent à comment le faire, des élections de mi-mandat, comme aux États-Unis.

Donc, si à mi-chemin ceux qui ont été élus de justesse devaient remettre en jeu leur mandat, nous aurions des élections à mi-mandat, et un super sondage dans les circonscriptions concernées. »

Une piste à considérer dans la mesure où l’on utiliserait le vote blanc avec des mécanismes différents selon les élections. La proposition de loi des Citoyens du Vote Blanc et du Parti du Vote blanc se veut plus universelle. Preuves que le sujet, simple en apparence, peut revêtir un grand nombre de nuances quant à son utilisation.

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